Détail d'une monnaie âdi que l'on montre à la famille en présentant la coutume préparée (Baala, vallée de Po)

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Description

Pour les Kanak, la notion de richesse est souvent d'ordre symbolique et elle se concrétise dans l'accumulation de pouvoirs rituels, de relations d'alliance (matrimoniale ou politique) et de biens réservés aux échanges. Ces biens sont constitués essentiellement par les ignames, les taros, la monnaie traditionnelle, etc., c'est-à-dire « tout ce que le Kanak possède par son travail et pour les échanges ». Et, dans les représentations des richesses kanak (1), la monnaie de coquillage kanak, âdi en paicî, est un présent coutumier des hommes et cèmwäu, la jupe de fibre, présent coutumier des femmes, est considérée comme son épouse. C'est la raison pour laquelle nous considérons en français le mot âdi comme masculin. Aujourd'hui, les femmes ne disposent plus de jupe de fibre et donnent aussi des âdi dans les coutumes (2).
Les monnaies de coquillage sont des colliers de perle de coquillage, d'os de roussette, enfilés sur un cordon généralement en poils de roussette tressés. On peut décomposer rapidement la monnaie en trois parties : la tête dite ubé – "tressage de la tête de la monnaie", partie noire, en haut, avec les cheveux –, le corps et les pieds, dans une analogie au corps humain qu'elle est censée symboliser. Il existe différentes sortes de monnaie âdi, avec des valeurs et des usages particuliers, liés à leur longueur, leur couleur et aux matériaux utilisés dans leur fabrication, comme par exemple :
-le âdi duu ou monnaie noire, la plus valorisée de tous les âdi ;
-le âdi tara ou « monnaie couteau », nom de la monnaie que l'on donne pour ouvrir une nouvelle alliance
-le âdi tuu ou monnaie avec une conque marine lisse dite tuu (Charonia tritonis, Linné, 1758).
Les âdi sont toujours rangés et conservés dans un étui ou une enveloppe, en posant toujours le pied de la monnaie dans l'étui pour finir par la tête. Jadis ces étuis étaient en écorce de bourao (Hibiscus tiliaceus, Linné) et étaient fermées par un cordon de poils de roussette. Aujourd'hui, la laine remplace souvent les poils de roussette.
La monnaie âdi est un objet qui concentre en lui l'essence même de la culture kanak. Et, pour cette raison, elle est utilisée dans toute cérémonie coutumière, notamment celles liées au cycle de vie (naissances, mariages, décès). À Ponérihouen, à la naissance d'un enfant, l'oncle maternel ne lui souffle pas dans l'oreille, comme il est souvent écrit (cf. Leenhardt). Il y a juste la coutume faite par les paternels aux tontons avec le puwâro-wâro et la monnaie âdi qui a pour objet de prévenir les oncles utérins qu'ils ont un nouveau neveu pour qu'ils s'occupent par la suite de sa vie sociale. Ce que donnent les paternels aux maternels à la naissance d'un enfant, c'est le o-göri-ôômââ kêê, litt. // préfixe instrumental | long | souffle | son, le sien //.

(1) Les richesses kanak comprennent tous les présents donnés à l'occasion d'une coutume, comme c'est le cas pour les âdi, les nattes ou les jupes de fibres, en association avec les ignames, taros, bananes."
Les monnaies de coquillage sont des colliers de perle de coquillage, d'os de roussette, enfilés sur un cordon généralement en poils de roussette tressés. On peut décomposer rapidement la monnaie en trois parties : la tête dite ubé – "tressage de la tête de la monnaie", partie noire, en haut, avec les cheveux –, le corps et les pieds, dans une analogie au corps humain qu'elle est censée symboliser. Il existe différentes sortes de monnaie âdi, avec des valeurs et des usages particuliers, liés à leur longueur, leur couleur et aux matériaux utilisés dans leur fabrication, comme par exemple :
-le âdi duu ou monnaie noire, la plus valorisée de tous les âdi

(2) En français local, le mot "coutume" recouvre plusieurs notions qui dérivent toutes du sens général donné à ce mot :
- le code traditionnel transmis oralement ou la civilisation kanak,
-les cérémonies coutumières
-les présents qui sont échangés, lors des cérémonies ou dans toute autre circonstance, notamment quand on arrive chez quelqu'un, le geste coutumier étant alors fait pour ne pas courroucer les ancêtres et les esprits du lieu.

Créateur

Isabelle Leblic

Date

2008

Droits

Attribution/Pas d'utilisation commerciale/Pas de modification

Type

Photographie

Couverture

Ponerihouen

Format original

Photo numérique

Taille maximale

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